Présentation
Dégustations
Voyages
Agenda
Coups de coeur
Le vin
Liens
Contacts
2004
2003
Recherche
Loire 06
Alsace 04
Luxembourg - Toul 04
Bourgogne 03
Vins
Viticulteurs
Lieux
Histoire
Elaboration
Dégustation
Fiche
Dossiers
Lexique
Plats
Alsace
Bordelais
Bourgogne
Champagne
Corse
Côtes du Rhône
Jura
Languedoc
Loire
Provence
Roussillon
Savoie
Sud-Ouest
Etiquettes de Mouton-Rothschild
Vignobles
Régions
Histoire du vin
La
vigne
peut être qualifiée de «plante de civilisation», car elle caractérise, depuis des millénaires, les sociétés méditerranéennes, comme le riz caractérise des pays asiatiques ou le maïs l'Amérique précolombienne. Cette spécificité tient à plusieurs éléments: la vigne et le vin y ont une valeur
culturelle
et
religieuse
très forte; la transformation du jus de raisin en vin fut très longtemps un mystère, ce qui explique l'attribution de la vigne à des dieux puissants (Osiris, Dionysos) chez les peuples polythéistes, puis son rôle essentiel chez les juifs et les chrétiens; le vin est un breuvage si chargé de magie et de bienfaits que l'islam, contrairement à ce qui est souvent dit, n'en proscrit pas la consommation, mais la réserve aux bienheureux séjournant au Paradis.
Outre son caractère religieux, la culture de la vigne a imprégné bien des aspects de la vie des peuples qui la pratiquent. Le rôle
social
de la consommation de vin est très important, depuis les banquets grecs jusqu'au verre de vin bu entre amis au comptoir d'un café. Le vocabulaire dans ce domaine est presque inépuisable: la langue française compte des centaines de mots et d'expressions pour décrire l'ivresse.
Dès le Moyen Âge, les puissants – les ecclésiastiques, puis les nobles et les bourgeois – rivalisèrent pour détenir les meilleures parcelles de vigne et produire le meilleur vin. Au XVIIIe siècle, la marquise de Pompadour et le prince de Conti se disputèrent longtemps le prestigieux domaine de
La Romanée
, en Bourgogne, que le prince finit par emporter, donnant son nom au vin aujourd'hui le plus cher du monde, le
romanée-conti
.
À la différence des céréales, plantes ubiquistes (pouvant pousser presque partout), la vigne exige des
terroirs
et des
soins
particuliers; c'est l'une des formes d'agriculture qui nécessitent le plus de main-d'œuvre. Les régions viticoles ont souvent une population dense, et leurs gros villages présentent un aspect similaire: les bâtiments sont groupés dans les terres basses et trop humides pour la vigne; les maisons sont relativement hautes, car le rez-de-chaussée sert à entreposer le matériel de récolte et de vinification (bennes de transport, pressoir, cuves).
Les vignerons ont de longue date développé des sociétés rurales soudées, solidaires, parce que l'entretien des vignes et les vendanges l'exigent. Lors des crises viticoles, ils se sont souvent unis pour défendre leurs intérêts, parfois en ayant recours à la violence, comme au début du XXe siècle en Languedoc.
Les régions viticoles sont traditionnellement riches, les maisons sont souvent décorées, comme en Alsace, ou assez cossues, comme en Bourgogne; dans le Bordelais, l'argent accumulé a permis la construction par les propriétaires et les négociants les plus prospères de nombreux manoirs, les «châteaux», qui donnent leur nom aux domaines, même quand il n'y a pas de château. Au cœur des vignobles, les villes tirent l'essentiel de leur richesse du négoce du vin: Bordeaux, Beaune, Épernay, Reims ou Cognac ont longtemps dépendu étroitement de la prospérité du vignoble qui les entoure. Cette richesse, visible dans l'opulence de ces villes, dans la beauté de leur architecture, s'exprime aussi à travers des traditions, comme la vente, pratiquée depuis la fin du Moyen Âge, des meilleurs tonneaux de Bourgogne au profit des Hospices de Beaune. Le commerce du vin explique la naissance de quartiers urbains spécifiques, comme celui des Chartrons à Bordeaux ou, à Paris, celui qui abritait la Halle aux vins – où s'élèvent aujourd'hui les bâtiments universitaires de Jussieu – et Bercy.
Back